Peaux de phoques et peaux de chamois

Une vingtaine de skieurs du comité des Vosges de ski avaient rendez-vous ce week-end de décembre dans la station du Gaschney rebaptisée Cache-nez en raison de la météo du jour un tantinet hivernale.

Au programme de ces deux jours, une sensibilisation pour certains, des révisions pour d’autres sur les spécificités du ski en dehors des domaines balisés. Il y avait là, venu des 4 coins du Grand Est, des freeriders, des skieurs de rando, des moniteurs fédéraux et un chamois.

Cette année le CRMV avait mis les petits plats dans les grands ou plutôt, comme diraient les jeunes, « les fat avec un rocker de ouf et un shape de malade » car c’est une couche de 60 cm de grains ronds surmontée de 20 à 30 cm de particules reconnaissables soudées entre elles par une légère cohésion de frittage, qui attendaient les participants. Si vous ne comprenez rien, vous n’aviez qu’à venir !

Au programme différents ateliers divers et variés : recherche DVA (c’est un peu comme chercher des oeufs de Pâques mais dans une version plus high tec), pose de corps mort afin de garder le sien bien vivant, descente sur main courante (ce qui peut faire penser à un film d’horreur mais qui est au contraire très rassurant). Mais l’animation phare était l’opération « sauver le skieur Bryan ». Bryan était mannequin chez Chullanka, mais comme il s’était fait récemment placardé et n’avait plus guère de contact avec la clientèle, il a signé au comité des Vosges pour un job mal payé d’avalanché. Bryan était donc au taf samedi matin sous un bon mètre de neige dans la combe du Schallern lorsqu’il a entendu arriver une horde de braillards armés de pelles pour le sortir le plus vite possible…grâce à un magnifique pelletage en V.

Mais ce qui a surtout emballé les participants ce sont les jonctions pour aller d’un atelier à l’autre, quelques grandes courbes dans 20 à 30 cm de peuf. Certains se seraient même égarés de temps en temps (le brouillard sans doute) et auraient été « obligé » de faire plusieurs descentes avant de trouver l’atelier suivant. 

La fin d’après midi se déroulera en salle, dans le très confortable chalet René Holweg, à décrypter des BERAs (bulletins d’estimation des risques d’avalanche) et à tenter de comprendre comment éviter de se faire prendre dans une avalanche. Après un repas très frugal (hum..) la journée était censée se terminer par la confection, à l’extérieur, d’un abri norvégien, l’igloo du pauvre. C’est à cet instant précis que la mutinerie a éclaté…Une fois les formateurs solidement bâillonnés, la soirée a pu se prolonger dans la calme et la douce chaleur du refuge.

Le lendemain matin, c’est une mise en situation qui était proposée : une rando à skis au départ du chalet avec comme consigne être revenu pour midi (car il y avait des restes de la veille au soir). Plutôt que de prendre au plus simple, l’objectif était de remonter dans la combe du Schallern afin de vérifier que tout le monde savait se convertir sans douleur dans le pentu. Une fois au sommet personne ne se fit prier pour travailler un peu le « virage poudreuse », on ne le travaille jamais assez celui-là…Repeautage, dépeautage, repeautage afin de voir jusqu’où une peau accepte de se recoller sans problème avant d’être obligé de sortir les « outils magiques ».

L’après midi sera consacré, une fois de plus, à de la recherche DVA mais en niveau II cette fois, c’est à dire avec 2 victimes. C’est parfois lors de ce genre d’exercice qu’on regrette de ne pas avoir lu la notice de son appareil…

Certains regrettèrent que Bryan ne soit pas de la fête mais il avait posé un jour de congé pour filer en douce au marché de Noël de Colmar.

Est ce que j’ai bien allumé mon DVA ?

 

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thierry

Moniteur de ski de randonnée, accompagnateur montagne, un des co-fondateurs d'Oxygène.
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Un Commentaire

  1. Désolé Oxygène mais Bryan il fallait plutôt le chercher dans la cuisine. C’est là où il se cache d’habitude et pas dans la neige.
    Du moins, c’est ça qu’on nous apprend à l’école au cours d’anglais :
    Where is Bryan ? Bryan is in the kitchen !

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