Pitztal – Août 2026

Pour échapper à l’été sec et caniculaire de l’Hexagone, une équipe de randonneurs d’Oxygène s’est donnée rendez-vous dans le Tyrol autrichien, entre les vallées du Pitztal et de l’Ötztal. C’est bien connu : en altitude, il fait plus frais !

À notre arrivée le samedi, nous avons dormi dans trois cabanes-tonneaux à Haiming, au bord de l’Inn. L’endroit est réputé pour ses descentes en rafting. Certains d’entre nous se rappellent aussi l’avoir longée à vélo. Pendant que nous nous mettons dans l’ambiance autrichienne autour de quelques bières fraiches et de traditionnelles Wienerschnitzels, un phénomène étrange se produit : de l’eau tombe du ciel sous la forme de gouttes. Ne serait-ce pas cela qu’on avait l’habitude d’appeler de la pluie avant le début de l’été ?

Les choses sérieuses commencent le lendemain, après avoir laissé nos voitures à la gare de Roppen, par une ascension de presque 1000 m de D+ sur une belle route forestière. Le soleil nous a accompagnés jusqu’à notre hébergement, la Maisalm. Nous y avons été accueillis par nos premières averses et de belles vaches, des brunettes des Alpes. Le site offre une superbe vue sur la vallée de l’Inn. Le soir, pour continuer notre découverte des spécialités autrichiennes, nous nous partageons cinq Kaiserschmarren, des crêpes épaisses mais aériennes, coupées en morceaux pendant la cuisson, caramélisées et saupoudrées de sucre glace, servies avec une compote de fruits. A l’heure du coucher, nous nous sommes serrés pour caser 11 randonneurs dans un dortoir prévu pour 8 ! l’idéal pour renforcer la cohésion du groupe.

Le lundi, les prévisions météorologiques pluvieuses se sont rapidement confirmées. Pas de chance car nous avons une longue ascension devant nous. Dès le début de l’étape, ça grimpe assez raide avant de parvenir sur une crête, puis nous franchissons deux cols entourant une ancienne vallée glaciaire. Nous y découvrons les prémices de passages techniques équipés de chaînes. Nous arrivons frigorifiés et trempés de la tête aux pieds à notre refuge, l’Erlanger Hütte, « maison de pain d’épice », situé à 2 500 m d’altitude. Pendant toute la soirée, chacun a rivalisé d’astuces pour essayer de faire sécher ses chaussures.

Mardi matin, c’est donc avec des affaires humides et un temps assez maussade que nous poursuivons notre parcours.  Le gardien nous ayant annoncé la pluie pour midi, nous forçons l’allure jusqu’au col de Feilerscharte à 2930 m.  Le début de la descente, raide et vertigineuse, est largement équipée de câbles et d’échelons métalliques, ce qui est loin d’être au goût de tout le groupe. Heureusement, nous échappons à la pluie qui aurait sans doute compliqué davantage ces quelques passages techniques.  Avant notre arrivée au refuge Frischmannhütte, un timide rayon de soleil et des marmottes bien en chair nous souhaitent la bienvenue. La première douche du séjour achève de nous apporter un peu de réconfort, une douche chronométrée qui sera en fait la seule de notre itinérance.

Mercredi, Jérôme nous annonce une petite étape simple et ensoleillée, presque une étape de repos… Nous prenons donc le temps de monter jusqu’au col du Felderjöchl, en nous retournant souvent pour admirer une vallée verdoyante. Une fois en haut, nous découvrons une vue plongeante et magnifique sur le lac « Weisser See », sans nous douter de la descente technique, délicate et vertigineuse qui nous attend : plus de 300 m de dénivelé sur un sentier raide, extrêmement étroit et à nouveau équipé de câbles et chaines ! Il nous aura fallu environ une bonne heure de concentration intense, à faire attention à chacun de nos pas pour ne pas faire tomber de pierres sur les personnes en contre bas pour en venir à bout. Une fois arrivés aux abords verdoyants du lac bleu, en nous retournant, nous nous sommes demandé s’il y avait réellement un sentier sur cette face montagneuse. Nous profitons de notre pique-nique pour bronzer, faire la sieste, tremper les pieds et, surtout, observer les nombreux bouquetins qui pâturent dans des couloirs abrupts. Nous reprenons ensuite notre descente à travers des pâturages pour atteindre la ferme Innerbergalm. Après cette petite journée, qui s’est révélée être une très bonne et belle journée, nous profitons un bon moment de la terrasse ensoleillée face à un panorama splendide. Certains s’éclipsent discrètement pour aller faire un brin de toilettes dans le torrent. Depuis plusieurs jours, la météo s’annonçait très défavorable pour la fin du parcours. Nous avons donc décidé de redescendre le lendemain dans la vallée de l’Ötztal. Etrangement, personne n’avait envie de faire 14 km, 1550 m de D+ et 1170 m de D-, entrecoupés de passages « techniques » sous une pluie battante. Bien que coûteuse dans tous les sens du terme, la décision d’annuler les deux derniers refuges s’est révélée bien judicieuse : à peine arrivés aux voitures après un trajet en bus, nous nous sommes retrouvés sous la pluie, contraints de pique-niquer à l’abri à la gare de Roppen. Histoire de rester dans le thème, nous avons profité de l’après-midi pour visiter le musée d’Ötzi, le célèbre homme préhistorique retrouvé momifié sur un glacier de la vallée. Puis ce fut un retour au point de départ, dans les mêmes cabanes-tonneaux. Pour nous consoler de notre légère déception d’avoir dû écouter notre raison et écourter notre séjour, nous avons à nouveau fait honneur à la gastronomie alsacienne : Wiener Schnitzel XXL, cordons bleus, Apfelstrudel, tout y est passé ! La météo capricieuse et en total décalage avec notre été n’aura pas entaché la grande convivialité de ce séjour, marquée par les interceptions mémorables lors des parties de UNO et par la méthode des duplications joyeuses !
Le parcours : https://www.visugpx.com/FD70sTvPJ3

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