Raid à skis au Paradis

Vers le col du Grand Neyron

Vers le col du Grand Neyron

Vouloir effectuer un raid à skis au « Grand Paradis » un week-end de l’Ascension, n’était ce pas là le meilleur moyen de s’attirer les foudres célestes ?

En guise de pénitence préventive et pour nous faire bien voir du ciel qui commençait à être quelque peu menaçant, nous nous sommes donc imposé dès la première journée de ski 1700 m. de dénivelé et pas n’importe quoi puisqu’il s’agissait de la Punta dell Inferno, traduction pour ceux qui n’ont rien glandé en cours d’italien : la pointe de l’Enfer. Autrement dit comment monter au Paradis en 4 jours en passant par l’Enfer, beau programme…

Mais comme tout cela se déroulait au milieu des chamois et bouquetins pour la partie basse et sur une neige à point pour la partie haute avec pour finir une bonne bière au rifugio Vittorio Sella, cette première journée fut tout sauf un chemin de croix.

Jean Paul au Grand Neyron

Jean Paul au Grand Neyron

Il faut tout de même dire quelques mots des bières du refuge Vittorio Sella, pour une raison qu’on ne s’explique pas (peut être une brasserie implantée au bord de la mer ou carrément sous la mer, ou bien l’influence de l’Inferno pas très loin ?), elles sont sous… haute pression.

C’est-à-dire que tout l’après midi au refuge on assiste à un ballet incessant de randonneurs fatigués mais réjouis à l’approche d’un moment agréable qui l’instant qui suit le dégoupillage de leur cannette se retrouvent crépis des pieds à la tête de mousse de bière et qui exécutent aussitôt des contorsions (qui pourraient laisser penser à une possession diabolique, toujours l’Inferno ?) afin de récupérer une partie du précieux breuvage qui se barre à toute vitesse de la petite boite à malice.

Non loin du Paradis

Non loin du Paradis

L’étape du lendemain est sérieuse, elle consiste à traverser vers le refuge Chabot en passant par le sommet du Gran Serraz mais une petite vingtaine de skieurs a eu la même idée que nous. Comme souvent quand il y a plusieurs groupes, chacun veut montrer qu’il est plus malin que l’autre, comme ceux-là sont passés à gauche et ceux là à droite il ne nous reste plus qu’à passer au milieu, ce qui n’est pas franchement une bonne idée puisque dans la manœuvre on perd Jean Paul et Marie Noëlle qui se trompent de groupe, Bruno qui redescend presque jusqu’au refuge chercher les brebis égarées et moi qui voit passer les autres groupes sans heurts et sans efforts au fond de leur combe respective …

Nous aurons notre « vengeance » plus haut lorsqu’une brebis d’un autre troupeau dévisse dans une conversion périlleuse et vient percuter l’arrière garde de son groupe, Marie Noëlle évite le kamikaze de justesse…

Marie Noëlle dans l’effort

Marie Noëlle dans l’effort

Le Grand Serra (ou plutôt son col..) se traverse à pas comptés avec une petit note ironique de Jean Paul concernant une corde qu’on aurait voulu économiser..

La suite se passe sans encombre à part deux chutes en ce qui me concerne, la première à l’endroit où « faites gaffe la neige est dure » et l’autre à « je me met là car il y a une rimaye et des rochers, alors faut pas tomber…ah ben ça y est je suis tombé.. ».

La cordée menée par Gaston Lagaffe arrive donc au refuge Chabot dans l’après midi.
Le lendemain un 4 000 au menu : le Gran Paradiso, c’est le “Gran Beau” ça tombe bien. Grand beau mais aussi grand vent mais nous pourrons tout de même aller jusqu’à mettre une petite tape amicale sur les fesses de la Vierge en zinc ( ?) qui trône au sommet et qui tous les jours de beau temps supporte les « va à côté de la vierge je vais te prendre en photo ».

Les séracs sous le Grand Paradis

Les séracs sous le Grand Paradis

Changement de crémerie, ce soir c’est le refuge Vittorio Emmanuel..ou plutôt l’annexe hivernale, à tous les sens du terme, car notre réservation est arrivée un peu tard. Après avoir attendu impatiemment une bonne partie de la nuit qu’il soit 5 h. pour enfin quitter les couvertures élimées et sans effet sur la conservation du peu de chaleur animale que nous sommes capable de dégager, nous quittons le refuge pour l’ultime étape : le Grand Etret au fond du Val Savaranche.

Au fond, le Mont Blanc

Au fond, le Mont Blanc

Il fait un vent à décorner les bouquetins et le froid aidant c’est un peu chacun pour soit, personne n’attend plus personne chacun fait son col ou son sommet dans son coin sans se retourner, de toutes façon on ne peut pas se retourner sinon on suffoque à cause du vent !

Enfin, épargnés par l’Enfer et le Paradis, le « raid » s’achève à Pont après une belle descente suivie d’une toute petite heure de marche à pied.

Pour plus d’infos sur les randos à skis effectuées :

– Punta del Inferno
– Gran Serra
– Grand Paradiso                                                                                – Gran Etret

Suivez moi

Thierry

Formateur ski de randonnée, accompagnateur montagne, animateur de formations "GPS et applis smartphone pour l'orientation en milieu naturel", un des co-fondateurs d'Oxygène.
Suivez moi

Les derniers articles par Thierry (tout voir)

A propos Thierry

Formateur ski de randonnée, accompagnateur montagne, animateur de formations "GPS et applis smartphone pour l'orientation en milieu naturel", un des co-fondateurs d'Oxygène.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.