L’anniversaire à Paulot

C’est l’anniversaire à Jean Paul ! Qu’est ce qu’on pourrait bien lui offrir ?

Pas facile, car il a déjà tout eu : le Mont Rose, le Mont Blanc, des traversées à skis, à vélo, à pied, en veux tu en voilà, même le masque de Frankenstein

En cherchant un peu sur grosse-bavante.com et sur truc-de-fou.fr on a fini par trouver un article rare et assez récent : la traversée des Escartons : un parcours de 100 bornes en skating avec du dénivelé et des surprises…

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Il y a bien fallu trouver un prétexte pour attirer le Paulot jusque St Véran sans qu’il se doute de quoi que ce soit, mais ça n’a pas été difficile, on lui a fait croire qu’il fallait rapidement aller se cacher en cette période d’insurrection populaire, et quoi de mieux que la plus haute commune d’Europe pour être à l’abris des agissements subversifs de l’Ultra Gauche. Pour rendre ça crédible, on avait convié quelques copains et copines qu’on avait déguisé en fonctionnaires maquisards, un vrai rôle de composition pour certain…

Le lendemain, prétextant un changement de planque, nous avons dévalé à l’aube les pistes de fond désertes direction Molines puis Aiguilles.

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Comme JP n’a jamais digéré qu’on lui ait refusé un tour en calèche au pied du Risy en Pologne, on s’est dit qu’on allait lui payer une balade en traineau à chien.

Malheureusement les pauvres bêtes étaient réquisitionnées pour offrir du rêve à des gamins qui, s’y ça se trouve, vont se mettre à lire tout Jack London quand ils seront ados au lieu de jouer sur leur Nintendo ou de regarder la Star’Ac, il est grand temps que notre gouvernement mette fin à ces pratiques d’un autre age qui consiste à envoyer les gamins des villes en classe de neige !

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Dès qu’il en a le temps, Francis griffonne quelques lignes sur un petit bout de papier : “St Veran – Grand soleil, froid vif -9°. Démarrage en descente croisement piste de ski rouge puis bleue, dur dur l’apprentissage. … Quelle splendeur neige, soleil tout autour des pistes non damnées qui nous mènent à Aiguille. 11h 15 le bus navette est là mais départ à 12 h 30 seulement. Thierry décide de nous amener 7 km plus loin en longeant la route à flanc de montagne. Une chouette ballade en poudreuse qui se termine sur une bosse ou toute progression est impossible, de la neige à hauteur de la poitrine lorsqu’il essaie d’ouvrir une voie. Retour à la case départ. La navette est partie ? Un taxi fera l’affaire et nous amène au deuxième départ de la journée. Encore 9km et une belle montée dans laquelle le style ne compte guère. Puis descente sur le refuge que nous atteignons à 16h…. La nuit sera bonne je n’en doute pas après ces quelques 28km de mise en bouche…”

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Le lendemain grosse bavante au programme : relier Brunissard à Montgenèvre en traversant deux cols dont l’Izoard ! Dès les premières lueurs de l’aube, nous laissons derrière nous le confort douillet du splendide gîte des Bons Enfants (c’est tout nous ça !) pour attaquer les lacets de l’Izoard.

La pente est soutenue et on aimerait se mettre en danseuse mais en ski de fond ça le fait pas. C’est là que Marie Noëlle sort sa botte secrète : deux petits morceaux de peau de phoque qu’elle scotche sans rien dire sous ses skis, où est l’éthique dans tout celà je vous le demande ?

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Arrivés au niveau de la Casse Déserte, une surprise nous attend : le reste de la route n’a pas été damée en raison du risque d’avalanche, c’est bien la première fois de ma vie que je vais regretter qu’une dameuse ne soit pas passée avant moi ! Mais l’endroit est magique et nous sommes seuls, nous avons encore le temps avant que la caravane publicitaire du Tour de France ne vienne pourrir l’ambiance…

Casse déserte ou cache déserte ?

La descente sur Cervières est un pur bonheur mais il faut déjà songer à la seconde partie qui s’annonce plus problématique.

  •  Allez on va au Bourget !
  •  Chouette ! On y va en avion ?
  •  Non c’est le nom des quatre chalets qui se trouvent au pied du col de Bousson…

C’est au pied du col qu’on voit le skieur surtout lorsque qu’il y a 2 mètres de neige, poudreuse, sans trace…

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Mais le Paulot, il devait se douter de quelque chose car aussi sec il a sorti de sa poche une splendide paire de peaux de phoques amoureusement tricotées par Odile au coin du feu dans son chalet des Hauts. Chacun se débrouille comme il peut, en escalier, à pied avec de la neige jusqu’au ventre, des bouts de peau de phoque s’échangent sous le manteau dans le plus grand secret. Il faudra pas loin de deux heures pour parcourir les 300 mètres de dénivelé qui mènent au col !

Les Escartons : Piste damée ou piste damnée ?

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Bien plus tard dans la soirée, Francis écrira dans son journal : “ Dans les secteurs pentus nous déchaussons mais alors là dans les traces de Thierry et de Marie-Noëlle mon poids me fait enfoncer jusque en haut des cuisses ! Dur Dur !!! Je rechausse et termine la dernière bosse en escalier. Encore un long bout de chemin avant de passer le col Bousson (passage en Italie). Les paysages sont magnifiques malgré la fatigue, il ne faut pas oublier de profiter du moment présent. Nous entamons la descente vers Clavière en fond de vallée.

Quelques virages rapides et nous atteignons un refuge ou nous prenons le temps de boire une bonne bière Italienne avec un petit encas. La descente est sympa dans les sapins, piste style grand huit. Nous atteignons les pistes de ski pour descendre ensuite sur le chemin qui nous mènera à l’hôtel. Encore 3km à monter pour arriver à Mongenèvre ou nous trouvons notre gîte « Le chalet des Sports » ! Il est 18 h 30, une belle journée dans les jambes après 42km, 2cols et bien des choses, entre autres, de belles chutes dans une super neige.”

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Le lendemain aurait du être une promenade de santé, c’était sans compter avec le changement de temps, le vent s’est levé, il neige, le white out comme dirait Barrack sans forcément penser à mal…

  • Vous allez voir jusqu’à la Vachette, que de la descente, un vrai régal !

Oui, sauf que de nouveau la dameuse était en grève et la descente par le “sentier du facteur” se transforme en concours de chutes où il est difficile de départager les gagnants.

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La longue remontée de la vallée de Névache, pourtant facile, est une vraie leçon d’humilité, pour moi tout du moins, car les jambes fatiguées peu aidées par des poumons plus que bronchiteux ont comme résultat un skating assez lamentable avec déchaussage obligatoire à la moindre bosse.

L’arrivée à Névache en début d’après midi marque la fin de la bavante mais quelle superbe bavante.

Bon anniversaire Paulot , happy skating !

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Quelques infos plus précises sur le parcours sont disponibles sur le site officiel des Escartons.

Quelques considérations personnelles sur cet itinéraire :

  • C’est superbe, grandiose, magique !
  • Le passage de Casse Déserte peut être dangereux par conditions avalancheuses
  • L’itinéraire est assez mal indiqué même lorsqu’on se trouve sur les pistes balisées, carte, boussole, voire GPS sont indispensables au col de Bousson en cas de mauvais temps
  • Notre découpage des 3 jours n’était pas des plus judicieux, dormir au sommet de l’Izoard (refuge) le premier jour est peut être une bonne option
  • Avec des skis de skating, les peaux de phoque semblent INDISPENSABLES pour la montée du col de Bousson

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A propos Thierry

Formateur ski de randonnée, accompagnateur montagne, animateur de formations "GPS et applis smartphone pour l'orientation en milieu naturel", un des co-fondateurs d'Oxygène.

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