PHILOSOPHIE DU LANGAGE
(Séjour Vélo itinérant du 14 au 16/05/2016)
C’est par cette question ambiguë que tout a commencé. Or, il ne s’agissait pas du
gâteau comme je le pensais naïvement, mais du jumeau rhénan de nos chères
Vosges.



En effet, comment occuper un week-end de Pentecôte de 3 jours tout en fêtant dignement l’entrée dans une 4ème décennie ? Il était tentant de céder à cette proposition d’un voyage itinérant à vélo de Fribourg à Titisee. Effectivement, ce serait une façon originale de marquer le coup…de pédale bien sûr !
Nous voilà donc partis pour une expédition menant une petite dizaine de cyclistes à travers la région du Brisgau en Allemagne. Ce week-end commença de manière lumineuse sous un magnifique soleil et une chaleur agréable. Malheureusement, le ressenti estival fut de courte durée puisque dès la première ascension vers le Feldberg, une pluie terrible nous trempa jusqu’aux os. De mémoire de cycliste, on n’avait jamais vu une sacoche Vaude prendre l’eau à ce point. Cette pluie-là avait vaincu le principe d’étanchéité de cette sacoche pourtant « Deutsch qualität ». « 40 ans, ça s’arrose ! », m’avait-on dit. Ce fut chose faite, mais pas avec du champagne.

Après avoir trouvé refuge aux abords d’un petit chalet en bordure de route, et fait l’inventaire des affaires épargnées par l’humidité, nous repartîmes bravement pour l’ascension finale de notre point culminant de la Forêt Noire. En haut, c’était la neige qui nous attendait cette fois-ci. Pas facile de rouler sur ce terrain glissant avec nos
vélos chargés.

« Quatre saisons » (pas la pizza mais la météo capricieuse) dans la même journée, ça justifiait bien un arrêt au resto situé près des remontées mécaniques du Feldberg ; une petite pause douceur et chaleur qui a bien failli coûter cher à l’estomac de notre pauvre Agathe, la benjamine du groupe. Celle-ci avait eu les yeux plus gros que le ventre. Un Vogalène et nous voilà repartis pour la suite de notre voyage, mais pas la fin de nos ennuis.
La météo avait décidément choisi de compliquer notre périple. Alors que nous étions promis à un montage de tente sous la flotte, et à une nuit fraiche et humide, nous n’avons dû notre salut qu’à la sagacité et à la connaissance experte du terrain de Sophie. Par chance, elle savait qu’une auberge de jeunesse se trouvait non loin de là, puisqu’elle avait eu l’occasion de s’y rendre avec ses élèves lors d’un séjour pédagogique. Merci l’Education Nationale et surtout, merci à Sophie. Tous, nous lui devons désormais une reconnaissance éternelle de nous avoir déniché une nuit au sec et au chaud ; un luxe quand on sait ce qui nous attendait… Et tant pis pour la promiscuité.

Fêter son anniversaire, c’est être un an [pluvieu]… en deux mots ou en un seul ? La météo de la suite du week-end nous a aidés à trancher cette question orthographique. Les éclaircies se sont raréfiées pour ne laisser place qu’à une pluie permanente en direction de Titisee. L’étymologie du nom du lieu et plus précisément de sa particule « -see » qui fait référence à une étendue d’eau (mer ou lac), aurait dû nous alerter. Effectivement, la mer, les poissons, tout nous est tombé dessus.

Au vu des prévisions qui s’annonçaient de plus en plus sombres (normal en forêt Noire) pour la suite de cette dernière journée, nous avons finalement jeté l’éponge (gorgée d’eau), et abrégé notre séjour. Trois émissaires courageux sont donc partis à vélo à la gare la plus proche, attraper un train et rechercher les véhicules restés à
Fribourg. Pendant ce temps-là, le reste du groupe a fait un brunch prolongé, histoire de tromper l’ennui. Et voilà comment notre dernière étape est tombée à l’eau… PLOUF !
Au fait, j’ai toujours pas eu mon gâteau d’anniversaire avec tout ça. Qu’est-ce que je
vais choisir… :
- Un esquim-EAU ?
- Une île flottante ?
- Un EAU-péra ?
- Un Saint EAU-noré… ?
Et dire que cette aventure hydro-oxygénée avait commencé sur un malentendu… D’ailleurs, à ce sujet, je terminerai donc mon propos en citant le célèbre philosophe des lumières cinématographiques, le regretté Jean-Claude Dusse : « Vas-y, fonce ! On sait jamais, sur un malentendu, ça peut marcher. »
Mélanie RICHARDEAU
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