Hongrie…au soleil

Le matin du départ, dans ce petit camping autrichien au sud de Vienne lorsqu’on a vu Mélanie charger une remorque, puis deux sacoches puis un sac à dos, on lui a demandé ce qu’elle emmenait. “Magyar [1] de robe” a-t-elle répondu aussi sec. C’était donc parti pour deux semaines de jeux de mots foireux entrecoupées de quelques moments de vélo.

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Le début de notre périple consistait en un saute frontière entre Autriche, Slovaquie et Hongrie afin de rejoindre le Danube -qui n’a jamais été bleu- et sa célèbre voie verte l’Euro 6 (qui n’est pas verte non plus) qui va de l’Atlantique à la Mer Noire (..non plus).

Poste frontière fantôme.

Poste frontière fantôme.

Cette longue journée (80 bornes tout de même !) nous fit traverser frontières abandonnées, champs d’éoliennes gigantesques, et surtout l’endroit même où un beau jour de Mai 1989 s’est fissuré le fameux “rideau de fer” même si l’histoire n’a retenu que la chute du mur de Berlin. Là ou il n’y a pas si longtemps, il y avait clôture électrifiée, miradors et gardes armés il n’y a plus qu’un simple chemin de terre qu’on s’est fait un plaisir d’emprunter.

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Ensuite ce fut la rencontre avec le Danube qu’on allait suivre durant quelques jours tantôt sur la rive slovaque, tantôt sur la hongroise sans que l’on constate une différence fondamentale si ce n’est que pour ce qu’on paye quelques euros côté slovaque, on devra débourser des milliers de forints côté hongrois bien que ce soit beaucoup moins cher.

Un sorte de rébus sans doute pour faire passer le temps aux bateliers du Danube ?

Un sorte de rébus sans doute pour faire passer le temps aux bateliers du Danube ?

Pour célébrer notre arrivée en Hongrie le mot d’ordre est lancé : “A chaque plaque d’égout lâche [2] … ton guidon “. Mais le hongrois est une langue difficile. Rares sont les pays d’Europe où la lecture d’un simple panneau peut être aussi hermétique, du coup nous sommes peut être passé à côté de beaucoup de choses, avons sans doute fait des choses interdites, on a pris des salons de coiffure pour des boulangeries, on s’est forcément trompé de vestiaire dans les bains thermaux…mais ça c’est autre chose. Mais une fois qu’on a eu repéré que etterem voulait dire “resto”, nyitva  “ouvert” et que bière se disait sör  ça allait déjà beaucoup mieux…

Y a sûrement un truc à ne pas faire mais quoi ?

Y a sûrement un truc à ne pas faire mais quoi ?

Ensuite, le Danube il a fallu le quitter car, rappelons le, nous étions là pour gravir le point culminant de la Hongrie, le Kékes qui se dit aussi Kékestető mais ça on n’a pas compris pourquoi, car dans ce cas pourquoi pas Kékestutélevétöcematin ….encore que ce n’est pas trop notre habitude. On a donc dit au revoir au Danube et tout de suite on l’a regretté, car dès qu’on quitte la vallée de ce très grand fleuve…ça monte. Certes point de pentes abruptes, ni de cols vertigineux mais quand même de quoi faire 800 m. de dénivelé dans la journée.

Le Danube dans toute sa splendeur à Nagymaros

Le Danube dans toute sa splendeur à Nagymaros

Le Kékés fut gravi promptement, à pied, histoire de reposer un peu les fesses. On s’est même payé le luxe de monter dans la tour de télévision afin d’avoir une vue sur les plaines hongroises et surtout parce que c’est le seul endroit de la région d’où on ne voit pas cette fichue tour. Ensuite direction Budapest, le Danube nous manque déjà…

Le Kékes !

Le Kékes !

Sur la route de Budapest on fit escale chez Sissi, enfin la pension Sissi pour être exact, à deux pas de son château dont le parc aurait d’ailleurs fait un bel endroit pour camper mais on n’a pas osé. Ah Sissi, elle pourrait presque être la marraine de ce projet car en Autriche déjà au Grossglockner on avait croisé sa trace il y a quelques années. Pour visiter le château il y a déjà pas mal de monde quand on arrive et puis ça empire, on triche, on grille[3] et finalement on se retrouve dans la chambre de Sissi mais Romy Schneider n’y est pas…

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Arrivé à Budapest on fit tout notre possible pour prendre un bain, non pas que nous étions sales mais tous les gens qui vont à Budapest, prennent un bain, c’est comme ça. Il y a pas mal d’endroits où on peut prendre un bain à Budapest, nous on avait choisi les Széchenyi car on n’aime pas se baigner tout seul.

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Après Budapest direction plein sud vers la riviera. Non, les hongrois n’ont pas la mer mais ils ont le Balaton, un lac un chouilla plus grand le lac de Genêve (mais sans jet d’eau) bordé d’hôtels, de plages privées et pour notre bonheur d’une voie verte qui en fait le tour.

Ambiance de régate sur le Balaton

Ambiance de régate sur le Balaton

C’est donc encore une fois les fesses dans l’eau que se termine ce périple magyar et on ne sait toujours pas dire correctement “au revoir” en hongrois… .[4]

Hongrie au soleil, c’est pour ça qu’il faut mettre de la crème 🙁

Notes

[1] nom des habitants de la Hongrie

[2] …culinaire celle-ci !

[3] Celle là il faut la lire à haute voix…

[4] viszont-latasra

 

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Thierry

Formateur ski de randonnée, accompagnateur montagne, animateur de formations "GPS et applis smartphone pour l'orientation en milieu naturel", un des co-fondateurs d'Oxygène.
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